L’écrivain sénégalais Oncle Bassart Ndiaye bouscule les conventions littéraires avec son premier ouvrage, « Satanique marabout rex », publié aux éditions Edisal. Ce texte « hors genre » et audacieux, présenté comme une autobiographie, s’attaque à l’exploration des méandres de la condition humaine, tout en invitant le lecteur à une expérience de lecture inédite et déstructurante.
« Ce livre traite de binarité et explore la dimension culturelle de la condition humaine. (…) Il s’agit d’une autobiographie qui retrace mon parcours tout en intégrant des éléments d’autres vies, comme celles de l’artiste Joe Ouakam ou du professeur Souleymane Bachir Diagne », a expliqué l’auteur lors d’une présentation à la Maison des écrivains du Sénégal, Keur Birago, jeudi.
Une œuvre labyrinthique et novatrice
Publié en deux volumes – « Labyrinthe 0 » (plus de 300 pages) et « Labyrinthe 1 » (510 pages) –, « Satanique marabout rex » invite à une lecture studieuse, presque méditative, selon son auteur. Oncle Bassart Ndiaye y revendique une « écriture satanique », un style volontairement déstabilisant qui perd le lecteur dans un labyrinthe narratif.
« C’est une écriture inédite. Les lecteurs doivent s’attendre à une expérience nouvelle, hors des sentiers battus », a-t-il expliqué, ajoutant que son intention n’était pas de bouleverser les normes, mais simplement de laisser le texte s’écrire selon une logique propre.
Cette approche littéraire s’inscrit dans une métaphore plus large de l’existence humaine, marquée par des chemins tortueux et des obstacles. « Le labyrinthe est une figure universelle, présente dans toutes les cultures. Il reflète les difficultés existentielles et les défis quotidiens des humains », a-t-il ajouté.
Un texte qui interpelle critiques et éditeurs
Lors de la présentation, le critique littéraire et professeur Abdoulaye Racine Senghor s’est dit profondément marqué par le style audacieux de l’ouvrage. « Ce texte est débridé et déstructuré. Les mots s’enchaînent dans un flux où chaque terme prend des significations multiples. On a l’impression que l’auteur s’amuse avec le langage, tout en poussant le lecteur à un questionnement constant », a-t-il souligné.
Il a également comparé l’écriture de Oncle Bassart Ndiaye à une forme de slam, qualifiant l’ouvrage d’« expérience littéraire de l’adolescence contemporaine ».
L’éditeur Seydi Sow, initialement hésitant face à la réception du manuscrit, a finalement décidé de publier l’œuvre après consultation d’experts, parmi lesquels les professeurs Abdoulaye Racine Senghor, Amadou Ly et Djibril Diallo Falémé, qui ont validé la démarche artistique de l’auteur.
Une traversée littéraire du labyrinthe sénégalais
Au-delà de son exploration introspective, « Satanique marabout rex » est également une réflexion sur les défis sociétaux et culturels du Sénégal. L’auteur espère que les nouvelles autorités du pays sauront naviguer dans ce « labyrinthe sénégalais pluriel », symbole des enjeux multiples auxquels la nation est confrontée.
Avec ce premier ouvrage, Oncle Bassart Ndiaye, philosophe de formation, propose une œuvre unique qui défie les codes traditionnels de la littérature. En mêlant autobiographie, philosophie et expérimentation stylistique, il offre au lecteur un voyage à la fois intellectuel et émotionnel à travers les complexités de la condition humaine.
L’ouvrage est d’ores et déjà disponible en librairie, prêt à entraîner ses lecteurs dans les méandres de son écriture labyrinthique et provocante.