Dans un monde en proie à des bouleversements profonds — crises climatiques, tensions géopolitiques, défis sanitaires et identitaires — l’Afrique se retrouve à un tournant crucial de son histoire contemporaine. C’est dans ce contexte que Bakary Sarr, secrétaire d’État sénégalais à la Culture, aux Industries créatives et au Patrimoine historique, a lancé un vibrant appel : il est temps pour le continent de reconquérir sa souveraineté narrative.
Mais que recouvre réellement ce concept, et pourquoi est-il désormais au cœur des préoccupations culturelles et politiques africaines ?
Contrôler son récit, c’est refuser que d’autres racontent notre histoire à notre place. La souveraineté narrative, c’est la capacité d’un peuple à façonner, diffuser et incarner ses propres récits, à partir de ses réalités, de ses langues, de ses aspirations. Pour l’Afrique, il s’agit de sortir des carcans de la caricature ou du misérabilisme, pour affirmer une parole forte, lucide et plurielle.
Reconquérir cette souveraineté, c’est :
Le 8 mars dernier, à l’occasion du 15ᵉ anniversaire du Monument de la Renaissance Africaine, le Sénégal a accueilli la Journée de la Renaissance Culturelle Africaine. Sous le thème évocateur « L’Afrique dans le monde », la cérémonie a mis à l’honneur la République du Congo et rassemblé intellectuels, diplomates, artistes et représentants de la jeunesse.
C’est lors de cet événement que Bakary Sarr a annoncé le lancement du Cycle des Grandes Conférences du Monument. Objectif ? Stimuler la réflexion collective autour de la place de l’Afrique dans un monde en mutation, et faire du monument un espace vivant de débat, d’idées et d’initiatives.
L’égyptologue congolais Théophile Obenga, intervenant à distance, a ravivé l’héritage intellectuel de Cheikh Anta Diop. Selon lui, l’Afrique ne peut plus se contenter de subir l’ordre mondial ; elle doit s’éveiller et affirmer sa pensée, sa vision, sa trajectoire. Une exigence de lucidité et de courage.
Pour l’ambassadeur de la République du Congo au Sénégal, il est impératif de placer la science et la technologie au cœur des priorités. Au-delà des discours, il appelle à construire une puissance africaine fondée sur la recherche, l’innovation, et l’émancipation intellectuelle des peuples.
L’historienne sénégalaise Penda Mbow propose une série de réformes clés :
Autant de pistes concrètes pour une renaissance africaine ancrée dans le réel.
Khady Diène Gaye, ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, l’a affirmé avec force : la renaissance africaine ne doit pas rester un slogan, mais devenir un engagement quotidien. Elle invite la jeunesse à être au centre du changement, en y injectant ses idées neuves, son audace et sa créativité.
Le Monument de la Renaissance Africaine, initié par l’ancien président Abdoulaye Wade et inauguré en 2010, s’impose aujourd’hui comme un miroir des aspirations africaines. Plus qu’un geste architectural, c’est un serment gravé dans la pierre : celui d’un continent debout, prêt à raconter sa propre histoire avec force et fierté.
Lydie Pongault, ministre de l’Industrie culturelle, touristique et des Loisirs de la République du Congo, a salué les liens historiques et culturels entre le Congo et le Sénégal. Pour elle, la culture n’est pas seulement un héritage, mais un levier stratégique pour l’intégration et le développement du continent.
Réaffirmer la souveraineté narrative, ce n’est pas un caprice identitaire. C’est une nécessité stratégique et culturelle. C’est la condition pour que l’Afrique devienne une force de proposition, une actrice majeure des transformations du monde. Et cela commence par un geste simple, mais fondamental : reprendre la plume.
1. Qu’est-ce que la souveraineté narrative ?
C’est le droit et la capacité d’un peuple à raconter sa propre histoire, à partir de ses réalités et de ses aspirations.
2. Pourquoi est-ce un enjeu stratégique pour l’Afrique ?
Parce que trop souvent, l’image de l’Afrique est façonnée par d’autres, au détriment de la vérité et de la complexité de ses cultures.
3. Quel rôle joue le Monument de la Renaissance Africaine ?
C’est un espace symbolique et concret de réflexion, de dialogue et d’expression des récits africains.
4. Comment la jeunesse peut-elle y contribuer ?
Par la création, l’innovation, l’entrepreneuriat et l’engagement dans les luttes culturelles, sociales et politiques.
5. Quelles sont les prochaines étapes ?
Le lancement effectif des grandes conférences, la consolidation des institutions culturelles, et la diffusion active de récits africains dans les médias, les arts, l’éducation et les politiques publiques.
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