DAKAR – Le monde de l’art sénégalais est en deuil. Moussa Sakho, artiste plasticien reconnu pour son talent unique dans le recyclage d’objets et son travail en peinture sous-verre, s’est éteint ce dimanche à Dakar. Pensionnaire du Village des Arts, il laisse derrière lui une œuvre foisonnante et un engagement profond pour l’environnement et la transmission artistique.
Plus qu’un simple plasticien, Moussa Sakho était un véritable alchimiste des objets perdus. « Il redonnait une âme aux matériaux abandonnés », témoigne Zulu Mbaye, président du comité de gestion du Village des Arts. Ses œuvres, empreintes d’une force brute et d’une poésie singulière, s’inscrivaient dans la tradition de l’art naïf, à l’instar du regretté Ibrahima Kébé.
Parmi ses pièces emblématiques, on retrouve ses sculptures en bois mort, domptées par le temps, et ses poissons en fil de fer rouillé, qui ont su capter l’attention des institutions. D’ailleurs, l’État du Sénégal avait acquis l’une de ses œuvres durant la période du Covid-19, en guise de soutien aux artistes.
Né en 1949 à Dakar Plateau, Moussa Sakho s’est très tôt passionné pour l’art, marchant dans les pas de son grand-père, membre de la première promotion de l’École des Arts, connue sous le nom d’École de Dakar. Après des études au collège Blaise Diagne, il fut enrôlé de force dans l’armée en 1968, avant de retourner à la vie civile et de se consacrer pleinement à son art.
Pendant plusieurs années, il a occupé un atelier à l’Institut français de Dakar, avant de s’installer au Village des Arts sur la route de Yoff. Il s’était spécialisé dans la technique du fixé sous-verre, un art qu’il chérissait, estimant que « les autres formes d’art venaient de Picasso et d’ailleurs, tandis que le sous-verre appartenait pleinement à l’Afrique ».
Ses inspirations puisent notamment dans le travail du célèbre Gora Mbengue, calligraphe et photoreporter, considéré comme un pionnier du sous-verre sénégalais.
Moussa Sakho ne se contentait pas de créer : il partageait son savoir. Pendant plus de dix ans, il a animé un atelier d’art-thérapie avec l’association L’Homme comme remède de l’Homme, offrant aux patients du Pavillon France de l’Hôpital Principal de Dakar un exutoire créatif à travers le dessin et la peinture.
Ses interventions régulières à la Biennale de Dakar et ses expositions en France témoignent de sa reconnaissance internationale. Malgré cela, il est toujours resté un artiste proche du peuple, fidèle à ses valeurs de simplicité et d’authenticité.
Moussa Sakho répétait souvent : « Ce n’est pas moi qui ai choisi l’art, c’est l’art qui m’a choisi. » Une phrase qui résume bien son parcours, fait de passion, de résilience et de dévouement.
Aujourd’hui, son héritage artistique et environnemental demeure une source d’inspiration pour les jeunes générations d’artistes et d’artisans du recyclage. Son départ laisse un vide immense dans le paysage culturel sénégalais, mais son œuvre, elle, continuera de raconter son histoire.
R : Moussa Sakho était un artiste plasticien sénégalais renommé pour son talent dans le recyclage d’objets et la peinture sous-verre.
R : Il excellait dans la technique du fixé sous-verre et réalisait des sculptures en bois mort ou en fil de fer rouillé.
R : Moussa Sakho a travaillé à l’Institut français de Dakar puis s’est installé au Village des Arts sur la route de Yoff.
R : Il animait des ateliers d’art-thérapie pour les patients de l’Hôpital Principal de Dakar et participait activement à la Biennale de Dakar.
R : Aujourd’hui, Moussa Sakho est considéré comme une figure emblématique de l’art sénégalais, dont l’héritage inspire encore les nouvelles générations.
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