Le film Kaddu Beykat (Lettre paysanne), réalisé par Safi Faye en 1972, demeure un manifeste cinématographique en faveur de l’agriculture et du retour à la terre. Présenté lors du cinquantenaire de sa sortie, ce chef-d’œuvre du cinéma sénégalais met en lumière la condition paysanne, l’exode rural et les enjeux liés à la souveraineté alimentaire. Mais au-delà du simple récit, c’est une véritable déclaration politique et sociale visant à sensibiliser les jeunes à l’importance du travail de la terre.
Première femme africaine à réaliser un long-métrage, Safi Faye (1943-2023) a dédié sa carrière à la représentation de la condition rurale sénégalaise.
Elle utilise le cinéma comme un outil de plaidoyer pour donner la parole aux agriculteurs, invisibles dans les discours politiques de l’époque.
Tourné dans le village ancestral de Fadial, en pays sérère, le film dépeint le quotidien des paysans confrontés à des conditions climatiques et économiques difficiles.
Pendant 30 minutes, le film plante le décor du village, avec ses champs d’arachide et ses rituels de travail, avant de plonger dans les conflits sociaux et économiques.
Ngor, le protagoniste, incarne la jeunesse rurale déchirée entre l’exode et l’attachement à la terre.
Face à la pauvreté, il envisage de partir en ville, mais son amour pour Coumba et son devoir envers son village le poussent à rester et à cultiver la terre.
Le film met en exergue la monoculture de l’arachide, imposée par le colonisateur, et ses conséquences sur l’autosuffisance alimentaire.
Les défis agricoles dénoncés dans le film résonnent encore aujourd’hui avec les enjeux de sécurité alimentaire en Afrique.
Dans le film, les femmes cultivent le riz et le mil, tandis que les hommes se concentrent sur l’arachide, illustrant une division sexuée du travail.
Ce constat révèle une problématique toujours actuelle : la reconnaissance du rôle des femmes dans l’agriculture.
Le film illustre comment les difficultés agricoles poussent les jeunes à migrer vers les villes en quête d’opportunités.
En choisissant de montrer Ngor retournant à la terre, Safi Faye propose une alternative à cet exode.
Diffusé en 1975, Kaddu Beykat a reçu plusieurs distinctions internationales, affirmant son importance dans le cinéma africain.
Aujourd’hui encore, il inspire une nouvelle génération de réalisateurs engagés.
Kaddu Beykat demeure un film visionnaire qui, à travers le destin de Ngor, interpelle sur les enjeux agricoles, l’exode rural et la souveraineté alimentaire. Safi Faye nous rappelle que l’avenir du continent africain passe par la terre, et que les jeunes ont un rôle essentiel à jouer dans cette reconquête agricole.
1. Pourquoi « Kaddu Beykat » est-il considéré comme un film militant ?
Parce qu’il dénonce les conséquences de l’agriculture coloniale et encourage un retour à l’autosuffisance alimentaire.
2. Quels sont les principaux thèmes abordés dans le film ?
L’exode rural, la souveraineté alimentaire, la condition paysanne et le rôle des femmes dans l’agriculture.
3. Quel est l’impact du film sur la jeunesse africaine ?
Il sensibilise les jeunes à l’importance du travail de la terre et à l’urgence de préserver les ressources agricoles.
4. Quels autres films de Safi Faye sont marquants ?
La Passante (1972), Revanche (1973), Racines noires (1985) et Mossane (1996).
5. Pourquoi le cinéma est-il un outil puissant pour la sensibilisation ?
Parce qu’il permet de toucher un large public et d’éveiller les consciences de manière immersive et émotionnelle.
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