Chaque année, le 27 mars marque la célébration de la Journée mondiale du théâtre, une occasion pour les passionnés et professionnels de l’art vivant de se rassembler autour d’une même passion. Cette année, le Sénégal célèbre la 63ᵉ édition à travers diverses activités prévues à Dakar et dans sa banlieue. Mais au-delà des festivités locales, cette journée invite également à réfléchir sur l’état de l’industrie théâtrale dans certaines régions du pays, notamment Saint-Louis et Kédougou.
La célébration officielle débutera au Centre culturel régional Blaise Senghor avec le vernissage d’une exposition photographique consacrée aux figures marquantes du théâtre sénégalais. Prévue du 26 mars au 2 avril, cette exposition est organisée en partenariat avec la Direction des arts du Sénégal. Elle offre une opportunité unique de découvrir ou redécouvrir les visages qui ont façonné l’histoire du théâtre national
« Le théâtre n’est pas seulement un art ; c’est un miroir de notre société. »
Dirigée par Ibrahima Mbaye, alias Sopé , la compagnie Fame rendra hommage aux femmes à travers une activité spéciale à la prison pour femmes de Rufisque. Ce moment de partage promet de mêler théâtre, rires et réflexion. Comme il l’a souligné sur les réseaux sociaux : « Nous célébrons les femmes. » Des distinctions seront également décernées lors de cette cérémonie prévue à partir de 16 heures.
Dans la banlieue dakaroise, la mairie de Yeumbeul Nord, en collaboration avec le Centre Blaise Senghor, mettra en lumière le rôle puissant du théâtre comme outil de transformation sociale. À travers un programme incluant un panel d’échanges avec des acteurs culturels, cet événement vise à valoriser les talents locaux tout en sensibilisant sur leur importance pour le développement communautaire.
Enfin, l’Association des artistes comédiens du théâtre sénégalais (Arcots) présentera la pièce Nder en flammes d’Alioune Badara Bèye, suivie d’un débat animé par des historiens, chercheurs et étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop. Cette initiative témoigne de l’importance accordée à la transmission intergénérationnelle des savoirs via le théâtre.
Bien que Saint-Louis soit reconnue comme une ville emblématique du théâtre grâce à ses grandes figures telles que Babacar Faye et Cheikh Niang, son industrie reste encore en phase de croissance. Selon Sira Bâ Dieng, directrice du Centre culturel régional Abdel Kader Fall, « l’industrie du théâtre n’est pas très développée à Saint-Louis » .
Les défis sont nombreux : formation insuffisante, manque d’équipements techniques et faible collaboration entre les acteurs. Pourtant, des initiatives existent, comme celles des compagnies Eulek Théâtre , Saint-Louis Théâtre et de l’ARCTOS (Association régionale des artistes comédiens du théâtre sénégalais).
Mme Dieng propose des solutions concrètes, notamment une meilleure synergie avec l’Université Gaston Berger, dont l’UFR CRAC forme déjà des réalisateurs potentiels. Elle rappelle également qu’environ dix troupes sont aujourd’hui structurées, tandis que d’autres nécessitent un accompagnement pour formaliser leurs actions.
À Saint-Louis, la célébration sera sobre en raison du contexte du Ramadan et de la coïncidence avec la nuit du destin (Leylatoul Qadr ). Malgré cela, un programme varié a été concocté, incluant des récitals coraniques pour rendre hommage aux artistes disparus, ainsi qu’une table ronde intitulée « Rôle du théâtre dans la formation des citoyens sénégalais : théâtre, citoyenneté et cohésion sociale ».
Au sud-est du pays, le directeur du Centre culturel régional de Kédougou, Abiboulaye Niang, lance un vibrant appel à la formalisation des troupes théâtrales. Actuellement, cinq troupes sont officiellement enregistrées, bien que le potentiel local dépasse largement ce chiffre 8.
Les difficultés principales restent liées à la formation et au financement. Toutefois, quelques réussites notables émergent, telles que celle de la troupe Gor Golou , qui a bénéficié d’un voyage et d’un encadrement en France grâce à une coopération décentralisée.
Pour soutenir durablement ces talents, M. Niang exhorte les autorités locales et les entreprises minières opérant dans la région à investir davantage dans la culture. Il regrette que malgré des budgets votés, peu de projets concrets voient le jour. « Notre richesse culturelle doit être valorisée et sauvegardée », martèle-t-il.
Dans ce cadre, le Centre culturel régional proposera plusieurs formations sur la dramaturgie, le jeu de l’acteur et le conte, offrant ainsi aux jeunes troupes les outils nécessaires pour percer dans ce domaine.
Cette année, le thème choisi est : « Nous nous rassemblons pour pleurer et nous rappeler ; rire et contempler ; apprendre, affirmer et imaginer. » Ce message, délivré par le metteur en scène grec Théodoros Terzopoulos, fondateur de la Compagnie Attis, invite à revisiter le rôle central du théâtre dans nos sociétés modernes.
Le théâtre est plus qu’un divertissement ; c’est un vecteur essentiel de dialogue, d’éducation et de cohésion sociale. À travers ses multiples formes, il permet de raconter des histoires universelles tout en ancrant les spectateurs dans leur réalité locale.
Qu’il s’agisse de Dakar, Saint-Louis ou Kédougou, une constante ressort de ces célébrations : le besoin urgent de renforcer les infrastructures et de former les acteurs culturels. Les recommandations convergent vers trois axes principaux :
Ces efforts collectifs permettront non seulement de dynamiser l’industrie du théâtre, mais aussi de pérenniser les traditions oratoires africaines.
R : Chaque année le 27 mars.
R : « Nous nous rassemblons pour pleurer et nous rappeler ; rire et contempler ; apprendre, affirmer et imaginer. »
R : Vernissage d’une exposition de photos, représentation de pièces théâtrales et panels d’échange.
R : Manque de formation, faibles infrastructures et besoin de formalisation.
R : Via des formations gratuites et un appel au financement local.
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